Le pressoir

Par  mfa  jeudi 29 décembre 2005.
 

En 1892, en même temps que l’extension de l’école, destinée à la salle de mairie, les Ozois firent construire un "abri couvert pour le pressoir public".

Utilisé par les habitants pour presser, à tour de rôle, leurs raisins des coteaux de Puy Bernard et de Giauch, ce pressoir devint inutile dans les années 1940. Il faut dire que la "piquette" locale qui, les bonnes années, titrait à peine 5 à 6° ..., fut abandonnée sans remords, au profit du vin des Etablissements André que l’on achetait à Veynes dans des bouteilles "consignées". Du "9°" pour le courant et du "11°" pour les jours de fête !!

Le bâtiment servit, dès lors, à remiser quelques équipements communaux, dont le tarare et les rouleaux qui, alignés les bras en l’air devant l’entrée, furent un fabuleux terrain de jeux et d’escalade pour des générations de gamins.

Après la construction des boulodromes, la vogue de St Laurent déménagea de la place de l’église et le pressoir fut élevé, chaque été, au rang de buvette ! Des grandes cuves en zinc, remplies d’eau et de pains de glace, gardaient au frais les bouteilles de limonade. Et les membres du Comité des fêtes de l’époque servaient force " blancs et rouges limés" (mélange de vin, blanc ou rouge, et de limonade) sur des tréteaux dressés devant la porte. Les joueurs de boules et les danseurs de “passo" terminaient souvent un peu éméchés .... et la "buvette" ne désemplissait pas jusqu’à une heure avancée de la nuit ! La télé n’existait pas encore et les occasions de s’amuser étaient rares ...

Tranformé en Salle Polivalente dans les années 1960, le pressoir abrita un temps quelques parties de belote ... Mais il y faisait froid l’hiver, il fallait affronter les rues enneigées pour y descendre ... et les retraités du village l’abandonnèrent rapidement pour le coin du feu de l’un ou l’autre des joueurs.

Devenu abri saisonnier pour les bancs et les outils de l’employé communal, il ne retrouvait une activité qu’à la veille de la Saint Laurent. Les saladiers de tomates, les corbeilles de pain, les cafetières et autres... s’y entassaient tant bien que mal, en équilibre, sur des caisses, des bancs ou à même le sol... C’était mal commode et peu hygiénique...

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avant...

Le Comité des Fêtes a donc décidé, fin octobre, de retrousser ses manches et d’y installer - avec l’aide de deux bricoleurs volontaires - des placards, des plans de travail et tout ce qui est nécessaire à la confection du repas annuel et autres fêtes.

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après ...

Résultat : le pressoir est devenu aujourd’hui une pimpante "cuisine" communale !!!

Et l’on envisage même, pendant les mois d’hiver, d’y organiser des "ateliers-cuisine"... où les Ozois, par groupe de trois ou quatre, pourraient confectionner des petits plats et les déguster "ensemble" le soir venu !

MFA - novembre 2005